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Aujourd'hui encore, c'est la canicule et comme on est samedi, la foule est bien plus dense que les deux jours précédents,
le public local profitant du week-end pour assister aux festivités. Cette troisième journée de festival
démarre en beauté avec Detroit Junior qui joue plus ou moins le même répertoire que 2 jours auparavant
au Kingston Mines. A l'image de Pinetop Perkins, il fait preuve d'une grande vivacité pour son âge.
J'ai également adoré le concert de David Maxwell plus axé sur le boogie woogie. L'ambiance est plus calme
et plus intime pour la prestation en solo de Johnny B Moore que je trouve moins à l'aise dans ce contexte
que sur une petite scène d'un club. Néanmoins, ce musicien très introverti reste une référence
sur la scène blues contemporaine à Chicago. Son blues très traditionnel est profond mais monotone
à la longue (dans cette formule en solo). J'assiste ensuite au concert de Cedell Davis, un vieux bluesman qui vient du sud profond
qui joue de la guitare tout en slide en faisant glisser sur les cordes un couteau de cuisine, bien assis dans son fauteuil roulant.
Sa technique est rudimentaire et inhabituelle mais les sonorités sont assez intéressantes, me faisant voyager dans le temps,
m'emmenant à l'origine du blues, à cette fameuse rencontre de WC Handy et du bluesman inconnu sur le quai
de la gare de Tutwiler; un concert exceptionnel !
J'ai été un peu déçu par le concert acoustique de Paul Oscher sur la juke joint scene.
Il est indiscutablement compétent à la guitare comme à l'harmonica mais il est apparu nerveux.
J'ai ensuite la chance d'assister aux concerts de deux vétérans Honeyboy Edwards et Homesick James,
qui sont parmi les derniers rescapés de leur génération. Si Honeyboy Edwards a conservé
son style typiquement rural, le jeu de Homesick James est lui plus urbain et plus moderne. Compte tenu de leur âge avancé,
ils sont apparu en bonne forme. J'en ai bien profité sachant que je n'aurai plus beaucoup d'occasions de les revoir.
Mais le concert du jour est indiscutablement celui de Phil Guy, que je découvre enfin accompagné
par ces propres musiciens (un super groupe !) et avec de nouveaux morceaux bien ancrés dans la tradition du Chicago blues
et interprétés avec un énorme feeling. Son prochain cd qui devrait s'intituler "the blues is still here"
s'annonce fabuleux. Le concert suivant est celui de Super Chickan, un personnage loufoque et complètement hors norme
qui nous a proposé un concert à son image, énergique, spectaculaire mais pas très académique.
Certaines pitreries sont agaçantes à la longues. Dans la matinée, j'ai assisté à une partie
du concert de Howard & the white boys. J'en ai retiré une impression mitigé, retenant l'image d'un groupe
qui peut être explosif et spectaculaire, proposant des duels de guitares furieux mais aussi des moments plus faibles
avec un répertoire très (trop à mon goût personnel) large.
En fin d'après midi, on décide de faire l'impasse sur la grande scène du petrillo music Shell où
sont programmés Johnny B Moore, les Jelly Roll Kings (avec Big Jack Johnson et Sam Carr) et Shemekia Copeland
pour faire un break et recharger les batteries avant de passer la soirée en club.
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